La loi Agriculture et Alimentation, ou loi Egalim, a été promulguée en novembre 2018, un mois après son adoption par le Parlement. Issue des États généraux de l’alimentation, elle a forcément eu un impact sur le prix d’achat des produits par les revendeurs et la stratégie du commercial. Mais en quoi consiste cette loi ? Comment les commerçants se sont adaptés ? Faisons le point !

Les trois objectifs de la loi Egalim

La loi Egalim (pour États Généraux de l’ALIMentation) vise deux idéaux : l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole d’une part, et une alimentation saine et durable accessible au plus grand nombre d’autre part. S’y ajoute un troisième objectif, le renforcement de la qualité sanitaire, environnementale et nutritionnelle des produits.

Les 3 nouvelles règles de la loi Egalim

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, la loi Egalim fixe un certain nombre d’obligations et d’interdictions. Voici les principales :

  • L’augmentation de 10% du seuil de revente à perte des produits alimentaires, pendant une période de deux ans, effective depuis le 1er mars 2019. Aucun article ne peut ainsi être revendu à un prix inférieur au prix d’achat effectif multiplié par 1,1. C’est à cause de cette disposition que l’on a parfois parlé de « loi Nutella », après les heurts ayant suivi des promotions sur le Nutella en France.
  • La limitation en valeur (34 % du prix de vente au consommateur) et en volume (25% du volume annuel des produits) des opérations promotionnelles.
  • La création de nouveaux seuils de déclenchement de la révision de prix dans les contrats dans l’agro-alimentaire.

Conséquence, des prix plus élevés et des pertes potentielles

Avec l’augmentation du seuil de revente (autrement dit, les distributeurs doivent faire au moins 10% de marge sur la revente en magasin), la hausse des prix de certains produits d’appel était inéluctable. Nielsen, entreprise de mesure et analyse des données sur les consommateurs, estime que sans adaptation à cette loi, les pertes pourraient atteindre 500 millions d’euros dans l’alimentaire en moins d’un an !

Des mesures pour y faire face

Heureusement, les distributeurs ont trouvé des pistes de parades pour limiter les effets de la loi Egalim sur leurs résultats – sans pour autant l’empêcher d’atteindre ses objectifs, somme toute plutôt vertueux. Ainsi, ils peuvent mettre en place :

  • Des événements mieux ciblés, pour mieux segmenter les opérations promotionnelles et mieux gérer la limitation en volume des promotions.
  • Un renforcement du système de remises différées, motivant pour les consommateurs sans impacter la marge réalisée sur les produits.
  • Un développement des opérations sur de gros volumes, via le développement des zones de déstockage sur des produits présentant une DLC courte…

De la nécessité de mieux suivre l’activité commerciale

La loi Egalim impose ainsi aux revendeurs et aux commerçants de mieux suivre leur activité commerciale et leur politique des prix. Il faut en effet être en mesure de surveiller avec précision les promotions en cours et passées, celles qui sont réalisables, les prix affichés et leur évolution…

C’est pourquoi il est particulièrement recommandé d’adopter un CRM commercial comme Moovapps Aquarelle, afin de bénéficier de fonctionnalités comme la priorisation des actions commerciales, la planification des actions en magasin et le reporting. Les membres de la force de vente de Rians (qui commercialise des produits laitiers et des desserts), par exemple, s’en servent pour saisir des relevés linéaires, des informations précieuses pour lancer les bonnes opérations commerciales au bon moment !

La loi Egalim est un texte capital dans le fonctionnement du Retail agroalimentaire. Vue comme un carcan à la base, elle peut néanmoins être source de nouvelles idées d’opérations commerciales, et impulser une digitalisation de la force de vente !

 

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